Que s’est-il passé au large du Gabon ?

Le 24 octobre 2026, la plateforme de forage autoélévatrice Prospector 5 a perdu sa stabilité et a coulé au large du Gabon, alors qu’elle préparait une campagne de forage sur le permis Dussafu Marine, au large de Mayumba.

La plateforme appartenait à Borr Drilling, qui l’exploitait dans le cadre d’un contrat soutenant les opérations de BW Energy. Les deux entreprises ont situé l’accident vers 20 h 37, heure locale, pendant les opérations de mise sur jambes et avant le début du forage. [1][2]

Borr Drilling a indiqué que les premières informations faisaient état d’un phénomène de « punch-through » pendant le préchargement, suivi d’une perte de stabilité et du naufrage. L’enquête technique doit établir les causes profondes.

Il y avait 115 personnes à bord. Les premiers communiqués indiquaient que 110 personnes étaient en sécurité et que cinq restaient introuvables. Reuters a ensuite rapporté qu’un travailleur avait été retrouvé mort et que quatre restaient portés disparus, en citant un représentant d’une organisation de travailleurs du secteur pétrolier. [3]

Les équipes d’urgence ont été mobilisées et Borr Drilling, BW Energy et les autorités locales ont coordonné les recherches et le sauvetage. Selon Reuters, le ministère gabonais du Pétrole et du Gaz a créé une cellule de crise, demandé le soutien de la marine et ordonné une enquête technique.

BW Energy a également indiqué que la production de l’installation voisine MaBoMo était arrêtée pendant les préparatifs de forage. Son premier communiqué ne signalait ni dommage à cette installation et à ses équipements, ni rejet accidentel de substances nocives provenant de celle-ci. [2]

SQMI présente ses condoléances à la famille endeuillée. Nos pensées accompagnent les travailleurs portés disparus, leurs familles, les survivants et les équipes de secours.

L’enquête : établir les causes de l’accident

L’accident est survenu pendant la mise sur jambes et le préchargement, avant le forage. Le premier compte rendu de Borr Drilling identifie un poinçonnement comme événement précédant la perte de stabilité.

L’enquête doit établir les conditions du fond marin, le comportement des fondations, l’état des équipements ainsi que les décisions et procédures pertinentes. Les communiqués du 25 octobre 2026 ne présentent pas de conclusions définitives d’enquête.

L’identification des causes profondes exige des preuves techniques et des données opérationnelles. Les priorités de sécurité présentées ci-dessous sont des recommandations de prévention, et non des conclusions sur les responsabilités.

Qu’est-ce que le « punch-through » d’une plateforme autoélévatrice ?

Une plateforme autoélévatrice est une installation mobile dont les jambes descendent jusqu’au fond marin. Sa coque est ensuite élevée au-dessus de l’eau, son poids étant transmis par les jambes et leurs fondations. Le sol doit supporter les charges d’installation et d’exploitation.

Un « punch-through », ou poinçonnement, peut se produire lorsqu’une fondation s’enfonce soudainement dans une couche de sol plus faible située sous une couche plus résistante. Un enfoncement rapide ou inégal peut incliner la plateforme et compromettre sa stabilité.

Le préchargement est une opération contrôlée qui applique des charges aux fondations avant l’exploitation normale en position élevée, afin notamment d’en établir le comportement dans les conditions de charge prévues.

Pour Prospector 5, l’enquête doit établir le comportement réel des fondations et l’enchaînement des événements.

1. Évaluer le fond marin au lieu exact d’installation

Les six priorités suivantes permettent de revoir les dispositifs de prévention. Elles ne signifient pas que ces mesures faisaient défaut sur Prospector 5.

Une installation sûre commence par la connaissance du sol. L’évaluation doit considérer les couches de terrain, l’enfoncement prévisible, les pentes, les anciennes empreintes de jambes et les incertitudes des données. Une expérience sur un site voisin ne prouve pas automatiquement l’aptitude d’un autre emplacement.

Une évaluation par des spécialistes compétents doit établir si la plateforme retenue peut être installée et exploitée en sécurité à l’emplacement prévu. Les incertitudes importantes nécessitent des investigations, des analyses et une planification complémentaires avant l’installation.

2. Traiter la mise sur jambes et le préchargement comme des opérations critiques

Des dangers majeurs existent avant le début du forage. La mise sur jambes et le préchargement exigent des procédures approuvées, des personnes compétentes, une supervision efficace et des limites précises de charge, d’enfoncement et d’inclinaison.

La surveillance doit déclencher des actions définies. Tout mouvement inattendu ou chargement inhabituel doit entraîner la réponse prévue par les procédures, y compris l’arrêt lorsque nécessaire.

Une tâche ne devient pas peu risquée parce qu’elle est familière ou qu’elle a déjà été réalisée avec succès.

3. Rendre effectif le droit d’arrêter un travail dangereux

Les travailleurs doivent savoir quand et comment arrêter une opération dangereuse, et avoir confiance dans le soutien de leur hiérarchie.

Avant une activité critique, l’équipe doit savoir qui dirige, quelles conditions imposent l’arrêt, comment communiquer une inquiétude, qui évalue les changements et qui autorise la reprise.

Une politique écrite ne suffit pas si la pression de production décourage son application.

4. Coordonner opérateur, contractant et dispositifs d’urgence

Les opérations offshore réunissent équipages, opérateurs, équipes de soutien maritime et spécialistes. Leurs responsabilités doivent s’articuler clairement, surtout lors d’installations à proximité d’équipements existants.

Une coordination efficace repose sur une compréhension commune des limites, des communications, des opérations simultanées et de l’escalade d’urgence. Elle précise également qui décide lorsque les conditions changent.

L’opérateur et les contractants doivent vérifier que leurs procédures attribuent des responsabilités compatibles pour l’arrêt du travail, l’alerte et la coordination de l’évacuation.

5. Se préparer à une perte rapide de stabilité

La préparation doit envisager des conditions rendant la fuite ou l’évacuation difficiles. Une installation inclinée ou instable peut compromettre les déplacements, l’accès aux équipements et les voies d’évacuation.

Les exercices doivent tester le décompte des personnes, les alarmes et communications, les itinéraires alternatifs, l’accès aux moyens de sauvetage, la coordination des secours et des scénarios nocturnes réalistes.

Les écarts constatés pendant les exercices doivent être consignés, les actions correctives attribuées et leur réalisation vérifiée.

6. Assurer la surveillance environnementale parallèlement au sauvetage

La recherche et le sauvetage constituent la priorité immédiate, sans exclure la protection de l’environnement. Les sources potentielles de pollution, les moyens d’intervention et les milieux sensibles nécessitent une évaluation continue.

L’absence de rejet observé dans un premier communiqué est une observation à un moment donné, et non une conclusion définitive excluant toute conséquence environnementale.

Priorités de sécurité offshore au Gabon, au Cameroun et dans le golfe de Guinée

Les employeurs qui commanditent des opérations sur plateformes autoélévatrices au Gabon, au Cameroun ou ailleurs dans le golfe de Guinée doivent examiner l’approbation des études de site, la surveillance du préchargement et la préparation de l’évacuation avant la mobilisation et l’installation.

Le Health and Safety Executive britannique considère l’intégrité structurelle comme essentielle à la sécurité offshore. Ses recommandations abordent la défaillance des fondations, l’intégrité des jambes et connexions ainsi que les risques liés à la mise sur jambes et au préchargement. [4]

Les recommandations du HSE constituent une référence technique ; elles ne signifient pas que le droit britannique régit cette opération au Gabon. Chaque employeur doit également établir les exigences nationales applicables à ses activités.

Cet examen doit préciser qui approuve l’évaluation du site, qui surveille l’enfoncement et l’inclinaison, qui peut arrêter la mise sur jambes et comment toutes les personnes à bord seront recensées si la plateforme devient instable. L’opérateur, le contractant de forage et les équipes de soutien maritime doivent résoudre les lacunes dans ces responsabilités avant l’installation.

Renforcer les compétences en sécurité avec SQMI

Safety and Quality Management Institute (SQMI) s’engage à promouvoir la santé et la sécurité des travailleurs dans le monde entier. Par la formation, le développement professionnel et des conseils pratiques, nous encourageons les employeurs et les travailleurs à identifier les dangers, maîtriser les risques et prévenir les dommages.

Le NEBOSH International General Certificate et le NEBOSH HSE Certificate in Process Safety Management permettent de développer des connaissances en santé et sécurité au travail et en sécurité des procédés.

Ces qualifications ne remplacent pas les compétences spécialisées d’ingénierie offshore, la formation propre au poste ni les habilitations opérationnelles. Découvrez les formations et prochaines sessions SQMI, ou contactez infos@sqmicmr.org.

Informations sur l’accident arrêtées au 26 octobre 2026. Les bilans et détails opérationnels reflètent les communiqués et articles datés cités.

Prochaines informations sur l’accident de Prospector 5

De nouvelles informations vérifiées sur l’accident, l’enquête et ses enseignements de sécurité seront communiquées aux lecteurs sur cette page en temps voulu. SQMI actualisera cet article à mesure que des informations faisant autorité seront disponibles.

Les mises à jour distingueront les conclusions officielles de l’enquête des premiers communiqués des entreprises et des articles de presse, avec des références datées permettant d’identifier les informations utilisées.

Liste de contrôle rapide

  • Quelles activités pourraient provoquer une perte rapide de stabilité ou de support ?
  • Le sol, les équipements et les charges ont-ils été évalués ?
  • Quels changements imposeraient une nouvelle évaluation ?
  • Les limites et conditions d’arrêt sont-elles comprises ?
  • Peut-on recenser toutes les personnes à bord pendant une urgence ?
  • Les exercices testent-ils des conditions difficiles, et pas seulement idéales ?

Questions fréquentes

Quelle plateforme a coulé au large du Gabon ?
Prospector 5, propriété de Borr Drilling et exploitée par cette entreprise pour soutenir les opérations offshore de BW Energy.
Quand l’accident de Prospector 5 a-t-il eu lieu ?
Borr Drilling et BW Energy situent l’accident le 24 octobre 2026, vers 20 h 37, heure locale.
La plateforme forait-elle au moment du naufrage ?
Les entreprises décrivent une mise sur jambes en préparation du forage. Reuters indique que le forage n’avait pas commencé.
La cause est-elle confirmée ?
Le premier compte rendu de Borr Drilling identifie un poinçonnement pendant le préchargement. Les causes profondes restent soumises à l’enquête. SQMI communiquera de nouvelles informations vérifiées sur cette page en temps voulu.

Sources et lectures complémentaires

Cet article est un conseil général de sensibilisation. Appliquez-le à travers votre propre évaluation des risques et les lois et normes applicables sur votre lieu de travail.

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